Le post-partum est une période difficile et peu connue qui débute après l’accouchement pour la maman. Il s’étale en moyenne jusqu’aux 3 ans de l’enfant en France et peut être à l’origine de troubles physiques et psychologiques. On parle beaucoup de grossesse et d’accouchement, mais on parle moins du post-partum alors que c’est une période charnière pour la maman qui a besoin d’être accompagnée et soutenue.

Les aspects physiques méconnus du post-partum

Suite à l’accouchement, le corps de la femme subit de nombreuses transformations dont certaines ne sont pas abordées lors des consultations prénatales.

Parmi les aspects physiques méconnus, se trouve le saignement post-partum (ou les lochies) qui peut étonner par son intensité et sa durée.

En effet, il peut se prolonger jusqu’à six semaines : le corps évacue les tissus et le sang issus de la grossesse.

Les femmes auraient dû être informées en amont sur la possibilité de l’existence de ce phénomène pour ne pas vivre cela dans l’inquiétude.

Un autre aspect souvent négligé est la douleur persistante au niveau de la région périnéale. Qu’il y ait eu accouchement vaginal ou césarienne, la récupération peut être longue et douloureuse. Certaines femmes éprouvent des douleurs lorsqu’elles marchent ou sont assises par exemple. Des exercices spécifiques destinés à renforcer le plancher pelvien peuvent aider à diminuer ces douleurs, mais ces conseils ne sont pas toujours systématiquement fournis.

Les bouleversements hormonaux suite à l’accouchement représentent également un aspect physique majeur du post-partum. Causés par un dérèglement hormonal, ils peuvent être responsables des symptômes suivants : sueurs nocturnes, chute de cheveux, prise ou perte de poids… Autant d’inconvénients qui peuvent déstabiliser plus d’une mère qui s’attend à ce que son corps revienne rapidement à la normale après neuf mois de grossesse ! Une meilleure sensibilisation sur ces sujets aurait permis aux femmes d’être davantage préparées aux réalités physiques du post-natal.

Des conséquences psychologiques méconnues

La période du post-partum est une phase de bouleversements physiques, mais aussi psychologiques.

On pense souvent au baby blues, ce phénomène si courant qu’on a tendance à le banaliser alors qu’il peut être très destabilisant. Si le baby blues arrive dans les jours qui suivent l’accouchement, il se manifeste par de nombreuses sautes d’humeur, de l’irritabilité, des périodes de pleurs sans raison apparente… C’est une période de flottement où rien n’est vraiment clair. Même s’il est transitoire, ce phénomène peut être très difficile à vivre si les femmes ne sont pas suffisamment informées et accompagnées.

Plus grave: la dépression du post-partum, qui touche 10 à 15% des jeunes mamans. Bien loin d’être une simple forme aggravée du baby blues, elle est caractérisée par un état profond de désespoir et d’incapacité à réaliser quoi que ce soit avec plaisir ou bonheur. Elle peut aller jusqu’à des pensées suicidaires. Si cette dépression est aujourd’hui reconnue médicalement, elle reste encore souvent taboue et non diagnostiquée. Il est urgent de sensibiliser tout un chacun sur cette problématique et de proposer un accompagnement aux mères en détresse.

Le fait de vouloir être “la super-mamans” peut également créer du stress et de l’anxiété chez celles qui viennent d’accoucher. L’allaitement doit se passer parfaitement bien, le ménage doit être impeccable, faut-il parler du retour au travail… Ce sentiment de devoir tout gérer sans faillir participe à l’isolement et à la solitude des jeunes mamans. Il est important d’ouvrir le débat sur les difficultés psychologiques du post-partum pour permettre aux femmes de se sentir normales et soutenues dans leur démarche.

Le rôle primordial d’un réseau de soutien et des ressources disponibles

Avoir un entourage social et familial pour surmonter les épreuves du post-partum est essentiel.

Récupérer tant physiquement qu’émotionnellement est plus facile si la nouvelle maman bénéficie d’un solide réseau de soutien, constitué de son partenaire, de ses amis et de sa famille.Les proches peuvent apporter leur aide en s’occupant des tâches du quotidien, en offrant un soutien émotionnel ou simplement en étant là pour écouter. Il est cependant important que ces personnes soient conscientes des défis spécifiques auxquels font face les nouvelles mères, afin de mieux répondre à leurs besoins.

Outre le soutien personnel, il est crucial d’avoir accès à des ressources professionnelles. Les consultations avec les sages-femmes, les conseillers en lactation et les psychologues spécialisés dans le post-partum peuvent fournir des conseils pratiques et une aide précieuse. Les groupes de soutien pour les nouvelles mamans, qu’ils soient virtuels ou en personne, offrent un espace pour partager des expériences et des conseils.Toutes les nouvelles mamans ont besoin d’accéder aux ressources suivantes :

  • Consultations avec des professionnels de santé spécialisés
  • Groupes de soutien locaux ou en ligne
  • Ateliers sur la parentalité et le bien-être mental
  • Services d’accompagnement à domicile pour les tâches ménagères
  • Ressources éducatives sur l’alimentation et le sommeil du nourrisson

Les politiques de santé publique jouent également un rôle important. En France, le congé maternité et paternité est une étape importante pour offrir aux parents le temps de s’adapter à leur nouvelle vie.

Cependant, une sensibilisation accrue et un accès amélioré aux ressources post-partum pourraient encore renforcer le soutien disponible. En investissant dans ces domaines, la société peut mieux soutenir les mères et les familles, assurant ainsi un début de vie sain et équilibré pour les nouveaux-nés.

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