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La conciliation travail-famille, un sujet de recherche
Futurs parents - Parents > Conciliation travail–famille
Roy Hübler a rencontré Diane-Gabrielle Tremblay, Titulaire de la chaire de recherche du Canada (niveau 1) sur les enjeux socio-organisationnels de l'économie du savoir (www.teluq.uquebec.ca/chaireecosavoir), professeure et directrice de la recherche. Elle travaille depuis quelques années sur la problématique des temps de travail. En s'attaquant plus spécifiquement à la conciliation travail-famille, elle rejoint ses préoccupations premières puisque ses travaux lui ont permis d'identifier ce qui apparaît comme l'une, sinon la difficulté majeure de cette conciliation : le temps de travail et sa flexibilité.

Secteur public - secteur privé

Dans les secteurs de la santé, de l’éducation et des services sociaux, il suffit de regarder les conventions collectives et on a un portrait assez complet puisque tout le monde a sensiblement les mêmes formes d'accès. Dans le privé, on constate plutôt des situations différenciées d’accès aux modalités de conciliation travail-famille, que ce soit la flexibilité des horaires, le télétravail, les congés pour raisons personnelles, les cheminements de carrières adaptés à la vie personnelle et professionnelle ou d’autres. De façon générale, moins d'une entreprise sur cinq offre des possibilités de flexibilité de temps de travail et le télétravail ne concerne à peine que 4% des organisations. On ne peut pas dire que le secteur privé offre beaucoup de mesures! On constate aussi que l'absence de ces mesures, notamment dans les milieux plus masculins, rend la conciliation plus difficile et les hommes ne se sentent pas légitimés dans leur milieu de travail de demander des aménagements de travail pour des raisons familiales. Il est plus facile pour eux de demander du temps pour aller s'occuper de leur voiture ou faire une activité sportive que pour aller à la garderie...

Qualité de vie au travail et hors travail

Tout le monde devrait pouvoir bénéficier d’une bonne qualité de vie au travail et hors travail. Les entreprises ont intérêt à s'en occuper car pour elles, cela signifie des employés plus motivés, plus loyaux, plus productifs, moins absents. En tant qu’acteur social toutefois, bien que l’articulation entre vie personnelle et vie professionnelle soit importante, l’État doit sans doute intervenir davantage sur le plan des besoins de la famille. L'état doit prioriser les personnes qui ont des enfants et des parents plus âgés, car ce sont les besoins les plus criants sur lesquels il faut intervenir, mais il faut avoir aussi une perspective plus globale, et tenter d’améliorer les conditions de tous, afin que tous soient partie prenante des mesures de flexibilité du temps de travail et souscrivent à ces initiatives.

Les plus jeunes et les plus âgés

Ce sont les jeunes et les personnes plus âgées qui sont plus les intéressés par les réductions d'heures de travail pour mieux concilier leur vie familiale et leur temps de travail. Ceux de la tranche d'âge du milieu, probablement à cause de responsabilités financières plus lourdes, sont moins portés à réduire leur temps de travail, surtout s’il y a réduction de la rémunération. Les jeunes posent des questions, dès leur entrevue de sélection pour un poste, sur la politique de l'employeur en ce qui concerne la flexibilité, les conditions de travail, les déplacements à l'extérieur de la ville, la fréquence de ce type de déplacement et la durée du travail. C'est un aspect qui entre en ligne de compte lorsqu'ils choisissent un poste. Par exemple, il y a de plus en plus de femmes dans le secteur policier mais il y a encore une majorité d'hommes et les jeunes hommes sont très préoccupés par cela. La problématique se présente de façon encore plus aiguë si les conjoints travaillent ensemble surtout s'ils ont des horaires variables. Les  jeunes pères veulent souvent être aussi présents que leur conjointe auprès de leurs enfants.

Au Québec : un climat social

Sur le plan de la conciliation comme de la plupart des politiques sociales, le Québec est à mi-chemin entre les Etats-Unis et les pays scandinaves. Les pays scandinaves font vraiment de la conciliation travail-famille qui permet aux parents de travailler et de s'occuper de leur famille. Dans les pays anglo-saxons comme les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, on croit plutôt que cela relève du privé. De grandes entreprises où on engage des ingénieurs, par exemple, vont offrir des conditions de travail très intéressantes. Mais dans d'autres secteurs, où on emploie des femmes, des femmes cheffes de familles monoparentales, des personnes hispanophones ou noires, il y a beaucoup moins de mesures. Au Québec, on se situe quelque part entre les deux. On est même plutôt tenté par la vision européenne où on pense que l'état a un rôle à jouer et où on tente d'appliquer une certaine équité.

Pour plus d’informations

Tremblay, Diane-Gabrielle (2004). Articulation emploi-famille et temps sociaux. Québec-Toulouse : Presses de l’Université du Québec et Octares. 340 p.

On peut participer à une étude en ligne sur la conciliation travail-famille en répondant aux questions à l'adresse suivante : www.teluq.uquebec.ca/formes

 
Roy Hübler

 
2006-09-12

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