Je me souviens, quand j’ai eu mon premier bébé. Nous étions au début mai, mais l’air doux du printemps se faisait attendre. Et non seulement l’hiver avait été long et difficile, mais en plus, à cause d’un risque d’accouchement prématuré, je l’avais passé enfermée dans ma maison, mes seuls déplacements à l’extérieur permis étant en chaise roulante. Je manquais d’air. Fiston est né, à 39 semaines de grossesse. J’en étais bien soulagée. Et j’avais hâte d’aller «jouer» dehors.
À mon retour à la maison, je me suis bien rendue compte que j’avais besoin avant tout de me reposer et de m’adapter à la vie avec un nouveau-né. Donc, l’aération attendrait encore un peu. Puis, comme le printemps tardait encore à se montrer le nez et qu’il faisait plutôt froid, on m’a dit que je devrais éviter de sortir ti-pou. Je devenais impatiente, mais surtout de plus en plus déprimée. Un après-midi, n’en pouvant plus, et malgré une température encore fraîche, j’ai mis bébé dans l’auto, et nous nous sommes rendus rue Mont-Royal. Il faisait tout de même un temps agréable, soleil, vent frisquet mais doux, et plein, plein de monde sur les trottoirs et les terrasses. Je me suis assise à l’une d’elle, commandé un café, et stationné la poussette à mes côtés. Ti-pou faisait un beau dodo, bien emballé dans ses couvertures. Et moi, je revivais enfin.
Je revivais… Avec le recul, je pense que ces petites sorties avec mon fils m’ont permis d’éviter une plus profonde dépression. Car j’avais non seulement dû vivre l’isolement relativement tôt dans ma grossesse, mais bébé faisait des coliques qui tranquillement me mettaient à bout. La seule chose qui le calmait, notre balade d’après dîner. Il s’endormait à la seconde même où je le mettais dans son siège d’auto, pour ne se réveiller qu’une fois mon café et ma lecture terminés. Ça m’a sauvé.
C’est bien beau être maman à la maison. Mais il faut aussi en sortir. Malgré la fatigue. Car il n’y a rien de pire que l’isolement. Un matin, il faut se donner un coup de pied au popotin, habiller junior, l’installer confortablement dans sa poussette, et hop! Dehors. Pour aller n’importe où, centre d’achat, centre-ville, chez une copine ou grand-maman. Et franchement, à moins d’un froid de canard, il n’y a pas de raison à garder bébé enfermé à l’intérieur et il appréciera beaucoup de découvrir de nouveaux horizons.
Maman peut même en profiter pour aller se faire de nouvelles copines qui partagent ses tracas pendant que le petit est pris en charge par une gardienne. Dans la ville où je demeure, La Maison de la Famille offre une fois par semaine des déjeuners-causeries avec conférencières invitées, spécialement pour les mamans, et offre, dans le local d’à côté, une halte-garderie pour les 0 à 5 ans, service souvent gratuit. La plupart des municipalités offrent ces services, voyez aussi du côté des CLSC, qui soit organisent ce type de rencontre, ou du moins, peuvent vous fournir les adresses de tels lieux.
Et pourquoi ne pas se transformer en touriste d’un jour ? Aller visiter des patelins ou des quartiers qu’on a jamais exploré ? J’ai ainsi découvert le joli décor du vieux St-Lambert. Sa rue Victoria et ses cafés, boutiques, et une charmante fromagerie. Ça change de son pâté de maison.
Besoin de se remettre en forme et d’un coup de pouce pour retrouver sa ligne de jeune fille ? Beaucoup de centre de conditionnement physique offrent un service de garderie. On réserve sa place à l’avance, bébé est entre bonnes mains, et nous on se prend… en main. Si vous allaitez, plusieurs CLSC ou organismes de promotion de l’allaitement offrent des haltes, où vous vous retrouverez entres femmes qui vivent parfois les mêmes problèmes que vous, avec l’accompagnement d’une marraine d’allaitement pour vous aider. C’est surtout une bonne façon de faire de belles rencontres.
Il me semble qu’on s’empêche de faire tant de choses quand nous devenons mamans. Par devoir, par peur, par amour. C’est si facile de s’oublier. Et pourtant, bébé profiterait tellement plus d’une maman heureuse et épanouie ! S’il pouvait parler, je suis certaine qu’il vous dirait : Dehors, maman !Marie-Josée Carrière, maman à la maison |