Familles d'Aujourd'hui vous est offert grâce à ses partenaires
 
   
 
> Accueil
> Adresses utiles
> Concours
> Experts
> Familles reporters
> Fiches pratiques
> Forums
> Guide Bébé 2010
> La belle histoire
> Le réseau FDA
> Loisirs-Vacances
> Maison 100% famille
> Programmes
> Recettes
> Sécurité
> Trucs & conseils
> Inscrivez-vous
 
Il était une fois... trois naissances...
Futurs parents - Parents > Vie sociale
Le magazine Grossesse, en collaboration avec « Familles d’aujourd’hui » est heureux de vous présenter cette chronique qui vous permet de raconter vos histoires d’accouchement. Ceci s’adresse à vous parents, professionnels de la santé ou quiconque ressent le besoin et désir de raconter. Bien sûr étant moi-même mère et intervenante je me ferai un grand plaisir de glisser à l’occasion mes propres histoires et commentaires. Chaque être humain est en soit unique, je dirais que cela va de même pour chaque accouchement…
 

Vous avez une histoire à raconter? N’hésitez pas à nous contacter à mereetmonde.com

 

Trois naissances

 

J’ai eu trois fois ce bonheur. Chacune de ces histoires m’a révélé à moi-même et m’a permis de devenir plus forte, plus près de mon essence, plus en accord avec qui je suis.

 

Ma fille


La première fois, c’était en 1995, j’avais 27 ans. Cette enfant, je l’avais désirée intensément et j’avais presque désespéré de l’avoir un jour. Le 1er novembre 1994, le test s’avéra positif !!! Vous dire la joie !


C’est presque par hasard que je me suis retrouvée à une soirée d’information dans une maison de naissance, encouragée par mon chum qui était très intrigué par la chose. Et là, moi qui étais prête à remettre les clefs de ma grossesse au premier médecin venu, on s’adressa à mon intelligence, à mon autonomie, à ce que je (pres)sentais si fort comme la puissance la plus immense à laquelle je n’avais jamais eu accès. Je me suis « revirée sur un dix cents » : j’allais vivre cette expérience là, et pas ailleurs. Plutôt que de me sentir en danger et vulnérable, j’allais célébrer ce qui m’arrivait.

 

Le matin de la naissance de ma fille, j’ai été réveillée à six heures, après une assez courte nuit. Nous appelons notre sage-femme qui me conseille de prendre un bain et de la rappeler ensuite. Je prends ce bain, mais cela ne calme rien, au contraire. Et les contractions s’enchaînent, toujours plus fortes, tellement que nous décidons d’appeler ma sœur, notre chauffeuse et accompagnante pour l’occasion. Départ pour Pointe-Claire.  À notre arrivée à la maison de naissance, il n’y a pas à dire, il y a de l’action. Il ne reste qu’une chambre de disponible. Rien à voir avec la pleine lune mais laissez-moi vous dire que les sages-femmes sont « dans le jus » !

 

J’ai beaucoup crié, cela me faisait du bien, comme si cela me permettait de me hisser au-dessus de toute cette douleur et de toute cette peur. Car oui, j’ai eu peur. Totalement incrédule devant ce qui m’arrivait. Je me suis férocement agrippée à mon chum, je n’ai plus bougé et j’ai laissé la vie me traverser.

 

Et les sages-femmes dans tout cela. Trois bonnes fées qu’il m’est arrivé d’entrevoir au travers de la tourmente.

 

Je suis sortie de cette aventure éberluée, éblouie et émerveillée. Moi, j’avais accompli cela. Je n’étais plus une enfant, j’étais une mère.

 

Mon premier garçon

 

Un an plus tard, test de grossesse : positif.

 

La nuit du 10 avril 1997, quand j’ai réveillé mon chum pour lui dire ce qui se passait, il s’est levé d’un bond et s’est mis à courir partout dans la pièce, tel un Fred Caillou après sa Délima. Nous avions convenu, avec ma sage-femme, que dès les premières contractions, je me précipiterais à la maison de naissance parce que moi, j’accouchais vite !

 

Quand je suis arrivée à destination, tout était prêt pour accueillir une naissance précipitée. Et moi, très relax, j’ai émergé de l’ascenseur, sourire aux lèvres. Les choses devaient se passer très différemment cette fois. La dilatation n’avançait guère et même « recula », à un certain moment, de 7 à 6 centimètres. Mon chum dormait, ma sœur dormait, j’étais seule. La rupture des membranes a déclenché en moi une irruption volcanique titanesque à laquelle je n’avais pas eu le temps de me préparer. Je panique, littéralement.

 

Et puis… naît mon fils ! Nous avons besoin de temps, ensemble, pour nous remettre de ce voyage.

 

Mon deuxième garçon

 

À force de voir des bébés naître, j’ai eu envie de revivre encore une fois l’expérience et d’inviter un nouveau membre dans notre famille.

 

Ah! c’est vrai, j’avais une certitude : j’allais accoucher dans ma maison, chez moi, chez nous. C’était devenu tellement évident pour moi. L’expérience de l’accouchement est tellement intime, elle nous mène tellement loin en nous-même qu’il me paraissait désormais presque impudique de la vivre à l’extérieur de chez moi, devant une poignée de personnes qui n’étaient pas des proches.

 

Les contractions ont débuté après minuit. Je réveille mon amoureux endormi et nous laissons du temps couler. Nous appelons la sage-femme pour la prévenir de ce qu’il en est. En fait, rien ne presse, mais vu le temps qu’il fait, cela lui laisse une marge de manœuvre pour se déplacer.

 

Je suis chez moi ! Pas besoin d’être polie avec qui que ce soit ; pas besoin de demander la permission pour ouvrir le frigo ; pas besoin de baisser le ton en chantant mes chansons, de crainte de déranger quelqu’un ; et surtout, pas besoin de sortir par un temps pareil. C’est vraiment formidable de voir les éléments se déchaîner à l’extérieur, bien au chaud dans ma maison.

 

Quand j’avais des doutes, quand je ne croyais plus en moi, je me répétais, comme un mantra : « Je vais accoucher les yeux ouverts d’un merveilleux bébé ». Pour la première fois, je demande un examen et dans la foulée, ma sage-femme appelle son assistante parce que la conclusion semble proche. À 8 h.02, il était né ! Mon dernier. C’était le matin du dernier jour de la semaine, du dernier jour du mois, du dernier jour de l’année, du dernier jour du siècle, du dernier jour du millénaire. Le 31 décembre 2000.

 

Flavie, Charlélie, Mathis : merci !!!

Catherine Chouinard

Témoignage de naissance tiré d’un recueil de témoignages et de réflexions sur la naissance, projet conjoint de l’Association pour la santé publique du Québec et le Groupe Maman, à paraître le 7 décembre aux éditions Remue-Ménage.


Sylvie Thibault, accompagnante

 

 
2005-09-14

Notez cet article :
 

Copyright © 2010 Familles d'Aujourd'hui, Tous droits réservés. Pour nous joindre - Politiques de confidentialité