Vous avez donné naissance à un enfant. Ce nouvel être est-il arrivé tout neuf et vierge de toute influence ou est-il déjà quelqu’un, nourri par ses gènes, son premier environnement utérin, ses passés, ses parents et ses ancêtres? De notre famille, nous avons tous hérité quelque chose, et que nous soyons riches ou pauvres n’a aucune d’importance puisqu’il ne s’agit pas d’héritage matériel. Les legs que je veux aborder ici sont d’ordres physique et psychique et ils peuvent parfois nous parvenir de bien loin...Nous avons reçu des forces de nos ancêtres mais également des faiblesses qui nous prédisposent à certains maux, des maux qui parfois se transmettent d’une génération à l’autre. Cet héritage touche aussi les souffrances psycho-émotionnelles qui nous assaillent. Le phénomène est connu depuis longtemps; il est décrit dans le dicton suivant : «Les parents ont mangé des raisins verts mais ce sont les enfants qui grincent des dents.» (1) L’enfant est souvent un miroir, un révélateur, un amplificateur. Son rôle dans la famille est, entre autres, d’aider ses parents à boucler un travail de croissance et de guérison qui a été mis en chantier, parfois plusieurs générations en amont, mais qui n’est pas encore complété. «Le corps de l’enfant, du petit-enfant, de l’arrière-petit-enfant, devient alors le langage de l’ancêtre blessé, la «parole» de ses traumatismes.» (2) Comment se transmet cette souffrance d’une génération à la suivante? Cette transmission se fait toujours très tôt au début de la vie. Ce peut être au moment de la conception, durant la grossesse/gestation, lors de l’accouchement/naissance ou au cours des premiers mois de vie. Plus la transmission de ce leg se fait tôt au début de la vie, plus il est important et plus il aura d’impact pour toute la suite de l’histoire. Cette transmission se fait de façon psychique, par les émotions –inconscientes ou non- vécues, par la mère le plus souvent mais par le père aussi parfois, et que le foetus et le nourrisson contactent par leur capacité étonnante de ressentir les états émotionnels de ceux qui les entourent, et de façon physique, par les hormones que le sang de la femme enceinte transporte lorsqu’elle expérimente des émotions intenses et prolongées. Les gènes et la mémoire cellulaire y contribuent aussi. Comprendre que l’un de nos problèmes peut être le témoignage d’un ancêtre est un premier pas vers sa résolution et, dans le cas d’un bébé, mettre en lumière ce leg l’aidera à débuter sa vie plus légèrement en déblayant la route devant lui. Pour mieux vous faire comprendre un leg transgénérationnel, je vous présente l’histoire de Kathie, un bébé de trois semaines à qui on a donné la parole grâce à la kinésiologie périnatale, cette approche globale, douce, non invasive et sans effet secondaire qui nous permet d’interroger la conscience de l’être entier et de traduire ses réponses de façon très précise. Cette technique physique qui ne nécessite aucun don particulier –mais une solide formation et de la pratique- nous a permis de mieux comprendre et identifier les éléments majeurs à la racine de son problème. Kathie est très constipée. Elle pleure beaucoup et souffre réellement, son ventre est dur, tendu et gonflé. L’examen de son pédiatre n’a révélé rien d’anormal sur le plan physique. Une cause historique… Dès le début de la consultation, «le test de la réponse musculaire» propre à la kinésiologie appliquée nous renseigne sur les racines de la cause : il s’agit d’un leg transgénérationnel en provenance de la lignée maternelle de Kathie au niveau de la quatrième génération en amont (arrière-grand-mère du Kathie). Depuis cette époque, certaines filles et petites-filles ont elles aussi hérité de ce leg dont la mère de Kathie qui a toujours été elle-même très constipée. D’ailleurs, durant l’accouchement, la poussée a été pour elle un moment très pénible. Mais que se cache-t-il donc derrière ce symptôme familial? Une cause émotionnelle… La sagesse de Kathie nous dit qu’elle vit une grande peur, une peur qui est inconsciente non pas parce qu’elle est un bébé mais parce qu’elle-même n’a pas vécu directement l’événement déclencheur. C’est le ressenti de son arrière-grand-mère qui survit en Kathie, transmis de façon inconsciente, en attente de guérison depuis quatre générations. Un sens à la souffrance… En cherchant à comprendre la raison de ce leg dans la vie de Kathie, on se penche sur le sens de sa souffrance. Au fil de la consultation, on comprend mieux la raison de cette constipation. Ce symptôme essaie d’exprimer à l’extérieur ce qui se vit à l’intérieur. La vraie souffrance derrière le symptôme n’est pas la constipation elle-même mais un traumatisme sexuel qu’a vécu l’arrière-grand-mère. La constipation reflète ce que cette aïlleule avait fait en gardant «en-dedans» ce qui lui était arrivé sans pouvoir en parler ouvertement, obligée de cacher cet épisode honteux de sa vie. Kathie, dernier maillon féminin en date de la lignée, «se retient» comme elle et comme certaines autres femmes de sa famille. Kathie a pour rôle existentiel de cautériser la blessure originale et cela se fait par la parole libératrice et la conscience éclairée. «Sans ce travail sur soi-même et sur la famille, un grand nombre de femmes restent, sans le savoir, dépendantes de secrets de famille antérieurs à leur naissance.» (3) Quelques pas vers la guérison… La kinésiologie périnatale nous met en contact avec la conscience de Kathie et l’invite, ainsi que sa mère, à chercher un groupe de massage pour bébé près de chez elle. Les techniques douces de massage du ventre lui seraient d’un réel bienfait et compléteraient le travail profond accompli par la compréhension. Kathie et sa mère prendront en outre un élixir floral pendant quelques semaines pour travailler au niveau plus subtil de l’être. Enfin, l’intelligence innée du corps identifie certains ingrédients à éviter pendant la durée de l’allaitement. Remonter en amont dans l’histoire des membres de notre famille pour dénicher les causes d’un symptôme actuel dépasse de loin la simple curiosité. Il ne s’agit pas non plus de trouver des coupables, de les juger et de se départir de notre propre responsabilité. Le but est de dénouer les fils complexes d’un traumatisme en le révélant au grand jour. Si les effets nous atteignent encore aujourd’hui, leurs racines plongent dans notre passé et l’histoire familiale. Nos aïlleuls ont fait leur possible avec les moyens qu’ils avaient, à nous de poursuire leur tâche de guérison en désamorçant les souffrances grâce à la parole issue de la partie la plus sage de notre être. Les conséquences bénéfiques parleront de légèreté dans notre vie, dans celle de nos enfants et de nos descendants futurs. À la toute fin de la consultation, ce jour-là, Kathie a rempli deux couches de suite. On l’a tout de suite remarqué à cause de la terrible odeur, chose assez rare chez les bébés de cet âge exclusivement allaités. Mais cette selle-là véhiculait bien plus que du lait maternel bien digéré. Elle libérait quatre générations de femmes de tout un lot d’angoisse, de terreur, d’humiliation et de honte contenues et refoulées! Ouf! (1) Ancien Testament, Jérémie 31:27-30 (2) Ces Enfants Malades de leurs Parents par Anne Ancelin Schützenberger et Ghislain Devroede (3) Femme Désirée, Femme Désirante par Danièle Flaumenbaum
Brigitte Denis |