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Les troubles du langage écrit
Parents > Éducation
Le terme « dyslexie » est couramment utilisé au sens large , pour faire référence à tout degré de difficulté d’apprentissage du langage écrit. On parle alors de difficultés dans la compréhension des énoncés, de difficultés dans la construction des phrases et du texte ainsi que de difficultés d’orthographe.  L’étymologie du terme dyslexie provient du préfix « dys » signifiant difficulté et du terme « lexie » qui fait référence à la lecture. Conséquemment, le terme « dysorthographie » fait référence aux difficultés reliées aux règles de  l’orthographe.  Par définition, la dyslexie est un trouble spécifique de l’acquisition et de l’utilisation du langage écrit caractérisé par une difficulté à reconnaître les mots et/ou une difficulté à reconnaître les lettres et à les transposer en sons (Josée Fortin, 2004). Ceci se manifeste en l’absence de déficience intellectuelle, déficience auditive, déficience visuelle, trouble psychiatrique ou psychologique, lésion cérébrale acquise. De plus, on s’entend sur le caractère familial de la dyslexie. En d’autres mots, chez les enfants dyslexiques, on retrouve souvent des antécédents familiaux de troubles du langage, oral, écrit ou les deux. Dans les faits, l’hérédité est en cause dans 50 à 70% des cas. Par ailleurs, 30% des cas de dyslexie ont des antécédents de retard ou de trouble de la parole. La dyslexie touche 5% à 10% des écoliers mais l’atteinte est sévère dans 1% à 2% des cas. L’incidence est trois fois plus élevée chez les garçons, est plus présente chez les gauchers et les ambidextres et chez les enfants dont le système immunitaire est plus faible. 

Il existe une multitude d’hypothèses sur la dyslexie et ce, sur différents plans. En effet, diverses théories génétiques, neurologiques et rétiniennes ont déjà été émises. De plus, beaucoup de nouvelles études en résonance magnétique fonctionnelle rapportent des activations cérébrales chez le lecteur dyslexique différentes de celles retrouvées chez le lecteur normal. Les chercheurs s’entendent généralement sur un dysfonctionnement des mécanismes fondamentaux, soit des fonctions langagières exécutives, c’est-à-dire des réseaux spécifiques à la lecture/compréhension et des fonctions capitales permettant l’acquisition et l’utilisation du langage (l’attention, la mémoire, la capacité de logique, l’abstraction).

Selon Frith (1985), on distingue trois grands stades dans l’apprentissage de la lecture, et des étapes intermedaires entre chacun de ces stades. Le premier stade correspond à l’étape logographique pendant laquelle le lecteur fait une saisie globale de symboles et de mots dans un contexte précis: idéogrammes, logos, mots sous forme de logo (pub), mots sur panneaux routiers, mots accompagnant une illustration. Cette étape est très utilisée dans les méthodes globales. À la fin de cette étape, le lecteur fait une amorce d’analyse graphémique c'est-à-dire l’analyse des lettres écrites qui représentent un son dans un mot donné. Ceci débute l’étape alphabétique pendant laquelle l’enfant procède à l’identification de syllabes et la correspondance lettres-sons. Ceci entraîne une charge additionnelle sur la mémoire de travail qui est souvent compensée par la lecture à haute voix , qui permet à l’enfant de s’appuyer sur l’information auditive pour monitorer la lecture. Graduellement, le lecteur développe les représentations orthographiques des sons correspondants aux mots. Ceci l’entraîne vers l’étape orthographique dans laquelle il atteint  l’automatisation des processus de lecture.


Selon Boder (1973), quatre profils de dyslexie/dysorthographie sont possibles et des troubles associés sont spécifiques à chacun de ces types. La dyslexie peut être de type dysphonétique (phonologique), dyséidétique (de surface/morphémique), mixte et visuo-attentionnelle qui est liée à un déficit d’attention. Le pronostic est variable selon le type de dyslexie/dysorthographie, l’intensité des troubles, la précocité du dépistage, l’existence ainsi que la régularité et l’intensité des rééducations, le soutien venant appuyer la motivation, le travail d’équipe entre tous les intervenants et les différentes adaptations scolaires.

Parmi les difficultés les plus fréquentes liées à la dyslexie, on retrouve la confusion des lettres dont la forme est voisine (‘p’ et ‘q’, ‘d’ et ‘b’), la confusion des sons (‘ch’ et ‘j’, ‘t’ et d’, ‘s’ et ‘z’), les difficultés phonologiques, les difficultés avec les transformations des graphèmes (formes écrites) et des phonèmes (sons à l’oral) ainsi que la difficulté à respecter l’ordre de l’alphabet ainsi que des jours de la semaine, mois, etc. Au niveau de la dysorthographie, les anomalies les plus fréquentes sont les erreurs de copie, économies de syllabes (semble pour semblable), découpage arbitraire (il sé crit,me londeau), omissions (bb pour bébé), mots soudés (liver pour l’hiver), fautes de conjugaison et de grammaire, lenteur d’exécution, hésitations, peu de productions écrites.

Il faut se rappeler qu’il est normal de retrouver ces types d’erreurs au cours du processus d’apprentissage du langage écrit toutefois, on s’attend à des habiletés de lecture et écriture bien précises, selon l’âge de l’enfant. Il est alors important de rester alerte afin de dépister des signes de dyslexie/dysorthographie le plus rapidement possible. De cette façon, on peut éviter les mauvaises habitudes et diminuer le risque d’échec scolaire relié à des troubles du langage écrit et aux réactions émotionnelles que cela peut causer chez un enfant qui est souvent confronté à des mauvaises performances en lecture, en dictée ou en mathématiques.

Les signes à surveiller chez les enfants du primaire sont multiples mais les principaux sont les suivants :

 

·        Confusion des sons et des lettres,


·        Difficulté de lecture,


·        Apprentissage lent de la lecture,


·        Difficulté d’écriture,


·        Difficulté à tracer les lettres dans l’espace,


·        Inversion des lettres,


·        Difficulté à copier,


·        Problème de latéralité,


·        Mauvaise ponctuation,


·        Difficulté de compréhension des messages écrits,


·        Compréhension meilleure en lecture silencieuse,


·        Oubli ou mauvaise perception des sons.


Pour plus d’informations ou si vous suspecter une dyslexie/dysorthographie chez votre enfant, n’hésitez pas à consulter en orthophonie. L’orthophoniste est le professionnel qui évalue les troubles du langage oral et écrit dans le but de formuler un plan de traitement. L’évaluation et l’intervention peuvent être réalisées par le biais de l’école, selon les ressources de la commission scolaire, ou elles sont généralement offertes dans des cliniques privées. Pour trouver l’orthophoniste le plus près de chez vous, vous pouvez contacter l’Ordre des Orthophonistes et Audiologistes du Québec (OOAQ) par téléphone au (514) 282-9123 ou visiter leur site internet : www.ooaq.qc.ca
 

Pour joindre la clinique d’orthophonie de Montréal :

(514) 529-6594

www3.sympatico.ca/karinemarcotte/clinique.html

 

Karine Marcotte, MOA, et Ana Inés Ansaldo, Ph.D., orthophonistes

Clinique d’orthophonie de Montréal
 
2005-09-28

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