Petite Ariane en est à ses premiers pas … comme elle a grandi ! Déjà 13 mois ! Et il est de plus en plus facile pour elle de bouger et d’essayer d’attraper tout ce qui est près d’elle et surtout de se déplacer ! Parfois même, lorsqu’elle est sur la table à langer, il en relève de l’exploit si elle reste immobile plus d’une minute lorsque Maman doit la changer ! Hors son petit frère Nicolas, tout près, interpelle sa Maman souvent quelques secondes et il en faudrait de peu pour que la petite Ariane exécute ses plus grandes prouesses pour tenter d’atteindre son petit ourson sur le sol. Et si le téléphone sonnait au même moment et que Maman devrait répondre ?
Que se passerait-il si par accident la petite Ariane tombait de la table à langer et se frappait la tête au sol? De quel genre de blessures s’agirait-il ? Que faire ?
Le traumatisme crânien, qui est souvent le résultat d’une chute comme celle d’Ariane, est l’une des principales causes de décès et d’invalidité chez nos tous petits. Le traumatisme crânien peut avoir différents degrés de sévérité et ainsi créer des lésions bénignes à sévères et mêmes parfois graves. Chaque année, au Canada, les urgences pédiatriques traitent de nombreux enfants ayant subi ce type de blessures ; c’est pour quoi il est important d’en être sensibilisé.
Quelles sont les causes les plus fréquentes du traumatisme crânien chez nos enfants?
La prévalence et l’incidence de ces traumas, accidentels dans notre cas, ne peuvent être donnés avec précision. Cependant, il est possible de différencier certains mécanismes de blessures, résultant d’un accident, selon l’âge de l’enfant. Ainsi, avant l’âge de 2 ans, les causes les plus fréquentes de traumatismes crâniens se situant à la maison sont des chutes de la table à langer, du couffin, de chaise haute, d’un comptoir, d’une laveuse ou sécheuse et aussi d’une marchette mais ils peuvent aussi être des accidents d’automobiles. De 3 ans à 12 ans, des chutes du lit, d’un balcon ou d’une mezzanine, dans les escaliers, des accidents de la voie publique lorsque l’enfant est piéton et alors renversé par un véhicule, ou des accidents lors d’activités récréatives et sportives pourraient créer de telles lésions. Parmi les activités récréatives et sportives, l’on peut retrouver le vélo, le toboggan, le patin à roues alignées, la planche à neige, le ski, l’équitation, le soccer, le hockey, le patinage, le football, le VTT et bien d’autres encore.Les traumatismes crâniens sont-ils graves ? En effet, ils peuvent l’être. Lorsque le cerveau est secoué à l’intérieur du crâne au moment de l’impact, lors d’une chute par exemple, il peut en résulter différents types de lésions qui dans les cas les plus graves seraient des saignements, des déchirures de tissus, de l’œdème. Cependant, tous les traumatismes crâniens ne comportent pas de lésions aussi sévères et l’enfant pourra s’en remettre sans lésions à longs terme. Lors de l’accident, l’on peut retrouver chez l’enfant des lésions immédiates et souvent multiples, soit des lésions d’impact et ce de degré différents. Celles-ci peuvent être des lésions de la boîte crânienne, superficielles ou profondes telles que des lacérations, des contusions, des fractures. Elle peuvent être aussi des lésions d’étirement et des lésions que l’on nomme mixtes comme par exemple des hémorragies des méninges, des lésions nerveuses et vasculaires à l’intérieur même des hémisphères cérébraux. Ces lésions immédiates peuvent être compliquées par l’apparition de d’autres lésions que l’on dit retardées et qui peuvent aussi être liées à l’effet du mécanisme « coup contre coup » du traumatisme. Parmi celles-ci, des collection de sang dans les méninges que l’on nomme hématomes extra-duraux, sous duraux ou intra-cérébraux et des gonflements cérébraux, de même que le déplacement de certains tissus cérébraux peuvent se produire et avoir des conséquences très graves sur la santé de l’enfant incluant ses fonctions cognitives et cérébrales et parfois même sa survie. Ainsi un simple accident ne peut entraîner que de simples égratignures mais aussi des lésions plus graves, nécessitant alors des soins médicaux d’urgence.
Quels sont les différents types de traumatismes crâniens ? Voici quelques précisons ici sur les différents types de traumatismes crâniens afin mieux comprendre. Tout d’abord, l’on retrouve les commotions ou traumatismes crâniens légers qui surviennent suite à un simple choc sur la tête. L’enfant peut perdre conscience, de quelques secondes à quelques minutes. Il peut se sentir étourdie et perdre la vue ou l’équilibre peu après le traumatisme pendant une courte période. Les enfants subissant un traumatisme crânien léger ou une commotion peuvent ne pas pleurer immédiatement, c’est pourquoi il est important de demeurer vigilant et de surveiller votre enfant après un tel accident. Une contusion cérébrale est un traumatisme plus grave qu’une commotion car il y a une meurtrissure au cerveau comme un saignement ou de l’œdème. Une fracture du crâne se produit lorsqu’il y a fissure de la boîte crânienne et il s’agit souvent d’une blessure plus grave. Cependant ce type de blessure est moins fréquent chez les jeunes enfants car leur crâne est plus mou et plus souple. Enfin, un hématome apparaît lorsque le traumatisme crânien provoque un saignement dans le cerveau qui peut alors s’accumuler et coaguler. Les hématomes peuvent apparaître parfois plusieurs jours après l’accident, encore ici l’importance de garder un œil sur votre enfant après le trauma. Ainsi, si l’enfant éprouve des sensations inhabituelles ou des comportements anormaux, il est important de recourir à des services médicaux d’urgence.
Quels sont les signes et symptômes les plus courants d’un traumatisme crânien léger ou modéré ? Pour ce qui est des traumatismes crâniens légers, soit ceux qui sont les plus fréquents et que vous pouvez risquer de vivre avec votre enfant, vous pouvez retrouver certains de ces symptômes tels que des maux de tête, des nausées et des vomissements, de l’irritabilité, de la somnolence, perte de conscience, de l’agitation, des enflures et des ecchymoses, de la fatigue, des troubles de mémoire, et enfin de la confusion et des étourdissements. Chez les enfants plus âgés, certains peuvent avoir de la difficulté à se concentrer, des troubles de mémoires, ou des difficultés d’adaptation. Ces symptômes peuvent durer de quelques jours à quelques semaines et même plus d’un an dépendamment de la sévérité du traumatisme.
Dans quels cas devriez vous consulter un médecin ou demander de l’aide ? Vous devriez consulter un pédiatre ou vous rendre à l’urgence si votre enfant présente l’un des symptômes immédiatement suite à un traumatisme crânien ou même ultérieurement : -maux de têtes persistants ou croissants -somnolence excessive -vomissements persistants -irritabilité persistante (chez les tous-petits) -dilatation importante d’une pupille -difficulté à voir, à entendre, à parler ou à marcher. Si vous n’êtes pas certains de l’état de votre enfant, n’hésitez pas à consulter l’infirmière de votre C.L.S.C ou d’info-santé afin de vous guider à offrir le meilleur suivi possible à votre enfant. Qu’est-ce que le syndrome post-commotionnel ? Que faire si mon enfant en présente ses symptômes ? Il s’agit des symptômes qui peuvent se manifester et persister à la suite d’un traumatisme crânien léger ou modéré. Plus particulièrement, l’on peut retrouver des maux de tête, des étourdissements, des nausées, des troubles du sommeil. De plus, des symptômes comme de la fatigue, des modifications du comportement comme de l’irritabilité ou de l’agitation, et des troubles de mémoire, de concentration, de jugement et d’attention peuvent aussi se manifester. Il est important de mentionner que ces symptômes disparaissent généralement dans les jours ou les semaines suivants l’accident mais il arrive parfois qu’ils puissent persister pendant des mois. Ainsi, si votre enfant présente ces symptômes, il sera alors important de suivre les recommandations de votre médecin pour ce qui est du repos de votre enfant, mais aussi du retour à ses activités, notamment celles exigeant d’avantage d’attention. Comment pouvons nous prévenir les traumatismes crâniens ? Il est possible de prévenir les traumatismes crâniens chez nos enfants et ce de plusieurs façons. En effet, établir un milieu de vie sécuritaire et selon les normes de sécurité, de même que le bon sens, une supervision vigilante de la part des adultes responsables et aussi le port de l’équipement adéquat lors d’activités sportives et récréatives constituent toutes des interventions pouvant réduire le risque que de telles accidents se produisent et surtout que nos petits subissent de blessures graves pouvant handicaper leur vie. Enfin rappelez vous que la clé de la prévention dans les traumatismes crâniens réside non seulement dans l’importance de notre vigilance mais aussi dans l’exemple que l’on peut donner en tant que parents et adultes à nos enfants.
Références Association canadienne des traumatismes crâniens La société canadienne de pédiatrie Le collège des médecins de famille du Canada Doctissimo.com
Isabelle Cabot Inf.M.Sc. Et. P.hD. U de M et Centre de Recherche CHU-Ste-Justine |